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Journée internationale de l’alphabétisation : Le développement par l’écriture !

« Alphabétisation : passage incontournable pour un développement durable », tel était le thème retenu pour la commémoration de la journée internationale de l’alphabétisation célébrée le 8 septembre. Une journée instaurée en 1965 à Téhéran (Iran), suite à la rencontre des ministres de l’Education des pays membres de l’UNESCO. Aussi, cette journée est-elle devenue une tradition en Afrique. A la distribution des rôles d’avant-garde, le Mali a reçu le flambeau au titre de l’Afrique de l’Ouest ; l’Algérie pour le Maghreb ; le Congo Brazzaville pour l’Afrique Centrale ; et la Tanzanie pour l’Afrique Australe.A l’instar de la communauté internationale notre pays a célébré, hier mardi, la journée internationale de l’alphabétisation au CICB. La journée commémorative était présidée par Mme TOURE Lobbo TRAORE, épouse du chef de l’Etat et Présidente de la Fondation pour l’enfance. C’était en présence de : Pr. Salikou SANOGO, ministre de l’Education de base, de l’alphabétisation et des langues nationales ; Mme. MAIGA Sina DAMBA, ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille ; Mama PLEA, Représentant de l’UNESCO ; Adama SAMASSEKOU, Président de l’ACALAN. On y notait également la présence d’autres membres du gouvernement.

Connexion développement/écriture

Le thème international de cette année est
 : «pouvoir de l’alphabétisation ». Quant au thème national du Mali, il a porté sur : « alphabétisation : passage incontournable du développement durable ». Quel rapport entre développement et capacité à maîtriser l’écrit ? Voilà la question de fond que posait cette journée. En réponse, l’on indique que désormais le développement durable rime avec l’écriture. Parce que qui dit développement fait appel à l’écriture d’où le slogan : « alphabétisons-nous pour le développement de notre pays ».

Selon le ministre de l’Education de base, son département s’est engagé dans la lutte contre l’analphabétisme depuis 44 ans, forme de l’exclusion sociale, en multipliant les centres d’alphabétisation dans les villes et campagnes. Aussi, fait-il remarquer, les efforts ont été fournis, des stratégies d’approche ont été élaborées et mises en œuvre par notre pays dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme. Aujourd’hui, force est de constater, selon Salikou SANOGO, que le bilan de l’alphabétisation est très riche en enseignements et son champ d’action couvre de plus en plus les publics pour répondre à la demande de plus en plus croissante de qualification des ressources humaines pour les besoins divers de développement durable.

Pour M. PLEA, les chances d’un développement durable sont directement proportionnelles au niveau d’alphabétisation. Ainsi, rappelle-t-il, une étude menée dans 32 pays montre que les femmes disposant d’une éducation secondaire ont cinq fois plus de chance d’être informées sur le VIH et le sida que les femmes analphabètes. Autre exemple : le taux de mortalité infantile est plus élevé lorsque la mère ne sait ni lire ni écrire. Aussi, une personne analphabète risque davantage d’avoir une santé médiocre et sera moins susceptible de rechercher une aide médicale pour elle-même, sa famille ou sa communauté, a souligné le Représentant de l’UNESCO. L’alphabétisation est donc un remède puissant aux menaces sur la santé, car elle permet de favoriser une meilleure nutrition ainsi que la prévention et le traitement des maladies. Ainsi, insiste-t-il, aujourd’hui encore, environ 774 millions de personnes, soit presque un adulte sur cinq dans le monde, ne savent ni lire ni écrire et 75 millions d’enfants restent exclus du système scolaire. Dans ce contexte, de très nombreux pays ne parviendront pas à atteindre l’objectif visant à faire progresser de 50 % le taux d’alphabétisation des adultes d’ici 2015. Il s’agit de l’un des six objectifs de l’Education pour tous (EPT) que se sont fixés les pays lors du Forum mondial sur l’éducation de Dakar en 2000.

Valeurs de l’alphabétisation

Selon Mme TOURE Lobbo TRAORE, l’alphabétisation permet à la population de se doter de réelles capacités pour un meilleur devenir de l’humanité. Ainsi, elle facilite la prise en charge de questions liées à la vie familiale comme de lutter contre l’exode, l’analphabétisme, le chômage et la pauvreté, a-t-elle soutenu. Aussi, une motivation dans la conduite des campagnes de formation, de sensibilisation et d’information à l’endroit des femmes et des jeunes, a-t-elle insisté, est d’une grande importance.

A titre de rappel, pour la campagne 2008-2009, 61
 770 auditeurs, dont 30 000 femmes, ont été formés dans 2 059 Centres d’Alphabétisation fonctionnelle. Les néo alphabètes issus de ces centres sont actuellement des acteurs dans les domaines de la vulgarisation agricole, de la gestion des entreprises communautaires, de l’administration locale, de la commercialisation etc. Au niveau des 1 302 Centres d’Education pour le développement, il a été enregistré 31 747 apprenants, dont 15 552 filles. Dans les Centres d’apprentissage féminin, 281 filles et femmes ont été formées en coupe, couture, coiffure, transformation agro-alimentaire, teinture, saponification. La cérémonie était animée par l’ensemble instrumental national. Il a été également procédé à la remise de prix d’encouragement à différents lauréats : Un diplôme a été décerné à tous les enseignants des langues nationales et des livres par l’UNESCO ; le prix de la presse a été décerné à la radio rurale de Kayes avec une enveloppe de 500 000FCFA ; un diplôme et des livres ont été remis à un du village de Sinkarma, dans le cercle de Bandiagara, qui a obtenu le prix du meilleur auteur en langue nationale ; et le prix CIWARA a été décerné à la Fondation STROM qui forme 16 000 enfants et 3 000 adultes par an. Cette fondation a reçu une enveloppe de deux millions, un diplôme et des livres.

Par Salimata DIOUARA (Stagiaire)

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