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Enseignement fondamental : Le SYCEF brave l'appel d'ATT

Malgré la sortie du Président de la République contre les enseignants grévistes, la semaine dernière, le Syndicat des enseignants contractuels de l'enseignement fondamental (SYCEF) observe un arrêt de travail depuis hier, lundi 9 novembre, dans le district de Bamako.

Les enseignants contractuels sont en arrêt de travail au lendemain même de ses quatre vérités assénées par le Président de la république, le général ATT, aux grévistes enseignants.

L'unique cause de cet arrêt de travail est le non paiement des salaires du mois d'octobre, des enseignants contractuels des collectivités territoriales, du district de Bamako, affiliés au Syndicat des enseignants contractuels de l'enseignement fondamental.

Comme l'autorise le code du travail, en République du Mali, tout fonctionnaire a droit d'arrêter le travail s'il n'a pas perçu son salaire le 7 du nouveau mois.

Conformément à cette disposition les enseignants contractuels des collectivités territoriales du district de Bamako ont décidé d'arrêter le travail, sans aucune forme de préavis, jusqu'au paiement de leur salaire du mois d'octobre. Par solidarité syndicale, les autres membres du SYCEF (enseignants contractuels de l'Etat au niveau du fondamental) se sont eux aussi mis dans le mouvement.

Constituant plus 80% du personnel enseignant du district de Bamako, du coup, depuis hier lundi 9 novembre, les écoles fondamentales sont paralysées au niveau du district de Bamako.

Au moment de notre passage hier dans les groupes scolaires de Daoudabougou, Sabalibougou, Faladiè-Socoro, sur la rive droite, les enseignants causaient autour de leur thé, tandis que les élèves jouaient dans les cours même de l'école. Ce, malgré l'appel patriotique du Général Président de la république lors du lancement du mois de l'enfance dans le cadre du 20ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant, au CICB, en présence de la Directrice générale de l'UNICEF, Mme Ann VENEMAN.

En profitant de cette tribune, le Président Amadou Toumani TOURE a lancé à l'endroit des enseignants grévistes, (un petit groupe qui veut hypothéquer l'avenir des enfants) qu'ils ont un devoir de reconnaissance vis-à-vis de la Nation qui les a formé. En allant en grève ces enseignants hypothèquent l'avenir de nos enfants et donc de la nation, a-t-il condamné. "…j'ai honte de voir les enfants en dehors des classes, parce qu'il y'a un groupe d'enseignants qui ne veut pas travailler…Chacun doit se demander qu'est-ce que je peux faire pour mon pays et non le contraire… ", Enfonçait le président ATT.

En tout, le SYCEF est en observation d'arrêt de travail et ce, jusqu'au paiement des salaires du mois d'octobre. Aussi, pendant que le président ATT accuse, les enseignants réfutent. Pour eux ventre creux n'a point d'oreille. Ils ne réclament pas d'extraordinaire à l'Etat ; juste leur salaire. ''Pourquoi les autres fonctionnaires sont payés et nous nous sommes négligés'', s'interroge un enseignant contractuel des collectivités locales très en colère.

 

Par Hamidou TOGO

(Stagiaire)

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