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Crise scolaire : Le Snec met les acteurs face à leur responsabilité

Les infrastructures, au niveau cycle fondamental de l'enseignement, sont dans un état de délabrement quasi général dans district de Bamako, selon une étude du Snec présentée hier aux différents partenaires de l'école.

Le rapport a pour finalité principale d'aider les autorités compétentes à prendre les mesures qui s'imposent pour un cadre d'étude répondant un tant soit peu aux normes requises. Il a été présenté hier à la Maison du partenariat aux différents acteurs. C'était en présence du Secrétaire général du Syndicat national de l'éducation et de la culture (Snec), Tibou TELLY ; la représentante du ministre de l'Education, de l'alphabétisation et des langues nationales, Mme Coumba YARESSI ; les partenaires techniques et financiers (PTF); ainsi que les organisations de la société civile. A l'appui du document, le Snec a présenté un document vidéo dans lequel la plupart des intervenants s'accordent à établir un état des lieux peu reluisant pour ce qui est de la tenue des infrastructures scolaires dans le district de Bamako.

Cette étude qui fait l'état des lieux des infrastructures scolaires a aussi permis de relever les obstacles au financement au niveau de l'Etat, des partenaires techniques et financiers, et des collectivités. Ces obstacles portent sur la faiblesse des ressources ; l'insuffisance de coordination des acteurs et la faible capacité de mobilisation des ressources au niveau des collectivités. Un tel constat, selon le Snec, doit amener l'Etat et les différents partenaires techniques et financiers à développer des stratégies de mobilisation des ressources et créer un cadre participatif de gestion des ressources et de coordination des interventions.

A la clé de son étude le Syndicat national de l'éducation et de la culture, Snec, formule des propositions pour accélérer le développement quantitatif et qualitatif des infrastructures de l'enseignement de base. Il s'agit notamment d'un plaidoyer actif de toutes les organisations de la société civile, en l'occurrence la coalition EPT autour de recommandations suivantes à l'endroit des PTF : augmenter considérablement les dépenses en éducation au cours de 10 prochaines années pour permettre au système d'absorber plus d'un million d'enfants qui actuellement ne fréquentent pas l'école primaire, (abstraction faite de ceux qui sont exclus au second cycle). Face à la privatisation accélérée (70,4% des écoles du premier cycle dans le district) qui détruit le contrat entre l'Etat et les citoyens ; les effectifs pléthoriques dans les classes ; le recrutement d'enseignants non qualifiés, le Snec propose de renforcer le rôle et la contribution des organisations de la société civile dans la formulation, la planification, la mise en œuvre et le suivi évaluation des politiques éducatives ; promouvoir le dialogue entre les acteurs sur les politiques publiques ; mobiliser les ressources financières, matérielles, pour accompagner plus conséquemment les politiques éducatives aux niveaux local et national.

A l'endroit des autorités du pays, les recommandations du syndicat sont essentiellement de deux ordres. D'une part, elles concernent le transfert effectif des ressources aux communes sans lequel les collectivités décentralisées ne peuvent jouer correctement les compétences transférées. En effet, pour le Snec, un transfert des ressources permettra de mieux planifier la couverture des besoins de financement de l'éducation, y compris la prise en charge des infrastructures.

D'autre part le syndicat enseignant plaide pour la mise en place d'un cadre de concertation et de coordination des interventions des partenaires. Au niveau communal les partenaires intervenant souvent sur la base de leur propre programme. Ainsi la non implication des bénéficiaires et le mauvais ciblage dans les interventions rendent peu efficaces les interventions des partenaires.

La dernière recommandation s'adresse aux élus. Pour le Snec, " si les communes veulent remplir les tâches éducatives d'aujourd'hui, il leur faut, non seulement chercher de nouvelles sources de financement, mais aussi faire un emploi plus judicieux de leurs budgets ". Cette recommandation se fonde sur le constat que nos écoles coûtent trop chères à cause du gaspillage de ressources humaines (détachement abusif du personnel enseignant qualifié) et du mauvais emploi de l'équipement moderne.

Le syndicat attire enfin l'attention sur le fait que le surpeuplement des classes est un élément propice à l'émergence de la violence. Outre la réduction de la taille des classes, le Snec recommande davantage de contacts humains et une approche plus personnalisée de l'enseignement pour réduire cette violence.

Par Bertin DAKOUO

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