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Enseignement supérieur : Les priorités de l’année du cinquantenaire

De 37 milliards FCFA l’année précédente, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique passera à 39 milliards pour cette année 2010, soit une augmentation de 2 milliards. L’annonce a été faite par le Premier ministre Modibo SIDIBE, lors de la rentrée solennelle 2010 de cet ordre d’enseignement. L’évènement, qui a donné lieu à une cérémonie grandiose, a eu lieu dans l’amphi 2.000 de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (FLASH) de l’Université de Bamako.

Les plus hautes autorités du Mali, qui rêvent d’une année scolaire et universitaire paisible pour cette année 2010, ont tenu à marquer la reprise des cours par une cérémonie grandiose. Laquelle cérémonie revêtait une symbolique forte et se voulait le signe d’un retour à la normale pour l’école malienne, malade depuis plusieurs décennies. Cette rentrée étant également la suite logique d’une volonté qui conduit à la tenue d’un Forum national sur l’éducation en 2008 dont les recommandations, selon les pouvoirs publics maliens, sont en train d’être appliquées.

Autorités universitaires, notabilités et chefs religieux, professeurs, syndicats enseignants, étudiants, partenaires sociaux, partenaires techniques et financiers, parents d’élèves, etc.se ont ainsi convergés vers l’Université de Bamako pour donner, ce 22 décembre 2009, un éclat particulier à cette rentrée solennelle de l’université et des grandes écoles du Mali, initiée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

La cérémonie, elle-même, était placée sous la présidence du Premier ministre.

Le thème retenu pour l’occasion était : « Le bonheur d’être enseigné ». Il a été développé par l’archevêque de Bamako, Mgr Jean ZERBO.

Leçon de moral

Le dignitaire religieux a expliqué qu’être enseignant est, avant tout, être en relation avec les élèves ; c’est établir une relation de confiance, de sécurité, d’empathie, mais aussi une relation d’autorité éducative. « L’enseignement est le métier le plus noble du monde », a-t-il fait savoir. Car, c’est l’homme qui détient une fonction clé dans la société pour avoir incarné le savoir et l’autorité, selon Jean ZERBO. Dans un monde idéal, seuls les meilleurs devraient se consacrer à l’enseignement. « Le métier d’enseignant est un métier passionnant qui nécessite beaucoup de patience », a soutenu le prélat, tout en invitant les enseignants à travailler pour redonner à l’enseignement son sens et sa noblesse d’avant.

Le secrétaire général de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), Hamadoun TRAORE, a lui aussi regretté le niveau de dégradation du climat social à l’école. Toute chose qui a sérieusement entamé la crédibilité de l’enseignant, selon lui. « Il est difficile pour notre génération d’étudiants de parler avec fierté et conviction du bonheur d’être enseignant. Depuis plus d’une décennie, l’école malienne s’est progressivement dégradée et avec elle l’image et la dignité de l’enseignant », a-t-il soutenu. Le leader estudiantin a dénoncé la précarité dans laquelle vivent les étudiants et les enseignants. Une situation qui n’augure pas, selon lui, le retour rapide à la normale sur le front scolaire et universitaire. « Comment parler de bonheur quand l’enseignant vit dans la précarité, quand la fonction n’attire que faute d’emploi, quand l’enseignant lutte en permanence contre lui-même, sa conscience, sa dignité et son image pour ne pas tomber dans la corruption ambiante et généralisée ? », s’est interrogé Hamadoun TRAORE. Il a néanmoins assuré de l’engagement de l’AEEM à accompagner l’école dans sa quête de stabilité.

L’incontournable mondialisation

Les représentants des deux grands syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à savoir le Syndicat national pour l’éducation et la culture (SNEC) et le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP), respectivement Ismaël KOME et Abdou MALLE, ont salué un thème qui honore tous les enseignants. Ils ont, en outre, estimé que le bonheur du professeur de l’enseignement supérieur du Mali passait, avant tout, par l’application correcte des mesures d’accompagnement du système LMD, par un salaire aligné sur celui de ses homologues de la sous-région, par un nouveau plan de carrière, par un espace universitaire plus sécurisé et une administration universitaire plus performante. Car, les enseignants et les chercheurs du Mali sont appelés à rivaliser avec leurs homologues de l’UEMOA, de la CEDEAO, de l’Afrique et du monde entier.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mme SIBY Ginette BELLEGARDE, a évoqué les nombreux efforts déployés, depuis un certain temps, pour faire face au manque d’enseignants au niveau du supérieur. C’est dans ce cadre, dira-t-elle, que l’Université, en collaboration avec le gouvernement, avait initié et lancé un programme de formation des formateurs qui a coûté à l’Etat la bagatelle somme de13 milliards de francs CFA. Ce programme visant à former 650 enseignants (détenteurs de doctorat) d’ici à l’horizon 2017, à installer des équipes pluridisciplinaires de recherche, à équiper des laboratoires de recherche, etc. Pour assurer un plan de carrière aux enseignants, poursuivra la ministre SIBY, un mécanisme interne d’évaluation et de promotion des enseignants a été mis en place.

Modibo SIDIBE, quant à lui, a donné l’assurance que les recommandations issues du Forum national sur l’éducation, qui constituent des bonnes directives pour la marche de notre système éducatif ne seraient pas rangées dans un tiroir. Pour la bonne raison que certaines d’entre elles ont connu un début d’application. Cette dynamique, a-t-il assuré, va se poursuivre dans les jours et mois à venir. « L’année 2010 doit être tournée vers l’action, elle doit servir de tremplin pour réaliser nos ambitions et nous permettre d’assumer pleinement les réformes engagées », a martelé Modibo SIDIBE. A ce titre, seront effectives la relecture et l’adoption des textes portant sur les statuts et plans de carrière des enseignants. La priorité, à ses yeux, étant de faire de l’enseignement une réelle force du changement afin d’en faire un pôle d’excellence.

Les grands chantiers

Les priorités du gouvernement, pour cette année universitaire 2009-2010 qui débute, sont nombreuses, a indiqué le PM. Il s’agira de faire en sorte que l’enseignement supérieur et la recherche évoluent sur le plan académique, se modernisent dans leur structure et leur façon de faire afin d’avoir un pôle d’excellence en faveur du développement du pays. A ce titre, a-t-il indiqué, les chantiers concernent l’amélioration des conditions de vie, de travail et d’études des enseignants, des chercheurs et des étudiants ; la modernisation des pratiques pédagogiques ; le renforcement du nombre d’enseignants et de chercheurs maliens ; le renforcement de notre dispositif de pilotage de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; sans oublier l’ancrage de l’éthique et de la déontologie. A cet effet, Modibo SIDIBE a annoncé l’évolution significative des moyens financiers consacrés par l’Etat à l’enseignement supérieur. Ces moyens, dit-il, sont passés de 24 milliards FCFA en 2008 à 37 milliards en 2009, soit une augmentation de 35%. Ils seront de l’ordre de plus de 39 milliards en 2010, a assuré le chef de l’exécutif malien.

L’année 2010 est aussi, selon le PM, l’année des grands chantiers pour l’enseignement supérieur et la recherche scientifique au Mali. C’est conformément à cette volonté que seront lancés, selon lui, les travaux de construction de la cité universitaires de Kabala qui offre une capacité d’accueil de 4.000 places. Dans le cadre de la sécurisation et de la gestion des bourses, il sera procédé à la bancarisation de leur paiement, a dit Modibo SIDIBE. Ainsi, en partenariat avec le système bancaire, une opportunité d’accès au crédit sera offerte aux étudiants. A ces rénovations s’ajoutent la connexion de l’Université de Bamako à Internet haut débit et la mise en ligne de la bibliothèque universitaire virtuelle.

Comme pour dire que l’enseignement et la recherche demeurent les moteurs de tout développement, le PM a annoncé la mise en place d’un Fonds compétitif sur la recherche au profit des enseignants chercheurs.

Il est ressorti de l’intervention de Modibo SIDIBE que beaucoup d’actions seront entreprises en faveur de la recherche scientifique. Comme en témoigne l’adoption prochaine, en 2010, de la loi d’orientation sur la recherche scientifique et le développement technologique afin de renforcer la visibilité et l’excellence de nos établissements supérieurs.

En plus des ressources ordinaires du budget, des ressources exceptionnelles de l’ordre de 7,6 milliards de FCFA seront affectées à la construction d’infrastructures universitaires à Bamako et à Ségou. Une preuve que les plus hautes autorités du pays ont fait de l’enseignement leur priorité, selon M. SIDIBE.

 

Par Sidi DAO

Info-Matin du Mardi 12 janvier 2010

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