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Refondation du système éducatif : les défis à relever
Cette années 2011, soit trois ans après la tenue d'un Forum national sur l'éducation au Mali avec des recommandations allant dans le sens de l'amélioration de notre système d'enseignement, le ministère de l'Education, de l'alphabétisation et des langues nationales se réjouit des résultats obtenus. Car, le taux d’exécution globale tourne autour de 90% malgré les multiples défis à relever.
Il ressort du document que des 131 recommandations relatives à l’Education de base, à l’alphabétisation et aux langues nationales, 94% de ces dernières ont été mises en œuvre. En effet, sur ces 131 recommandations, 40 ont été exécutés, 84 sont en cours d’exécution et 07 d’entre elles n’ont pas été exécutées.
Quant aux 97 recommandations relatives à l’Enseignement secondaire général technique et professionnel (composante II), elles se repartissent en trois axes: de l’organisation et de la gestion du sous-secteur de l’ESGTP (six sous- composantes); des contenus et de la qualité des enseignements (3 sous-composantes); de la formation professionnelle (0 sous-composantes).
Malgré ces résultats flatteurs, le rapport reconnaît qu'il reste des défis à relever surtout en termes de prévision à la forte pression démographique à venir. En effet, la population des jeunes de 7 à 15 ans, cible de l’enseignement fondamental, augmentera de 43% entre 2008 et 2020. Pour ainsi atteindre la scolarisation universelle, la capacité d’accueil dans le 1er cycle du fondamental devra être multipliée par 2 d’ici à 2020.
Aussi, conviendrait-il de prendre en compte la réalité des abandons scolaires à tous les niveaux d’enseignement.
Selon le document, l'évolution positive de la couverture scolaire, en 2008, cache mal le taux d'abandon scolaire élevé. Ainsi, il ressort que seuls 54% des enfants achèvent le 1er cycle du fondamental. 23% de ceux qui s’inscrivent en 1ère année du fondamental abandonnent l’école avant d’atteindre la 6ème année.
C'est pourquoi, recommande-t-on, l’amélioration de la qualité de l’enseignement en palliant le déficit en infrastructures et équipements, en outils pédagogiques et didactiques et en ressources humaines, tant en quantité qu’en qualité; réduction des disparités.
Le système est caractérisé par de fortes disparités, selon le genre, la zone de résidence et le revenu des familles, fait-on constater.
Malgré l’augmentation des ressources publiques pour l’éducation, leur répartition entre les différents niveaux d’enseignement et entre les établissements reste encore problématique. Il est souhaité un renforcement considérable de l’encadrement pédagogique et la modernisation de l’administration scolaire en raison de la forte croissance du nombre d’établissements publics et privés; l’amélioration de la qualité et l’augmentation de l’offre de formation technique et professionnelle.
Quant à l'enseignement secondaire, il se caractérise par un fort déséquilibre entre le secondaire général qui compte plus de 60% des effectifs d’élèves alors que les objectifs du PRODEC sont de 65% pour l’enseignement technique et professionnel et 35% pour le secondaire général.
L’instauration de l’éthique, de la morale, de l’autorité et du sens de la responsabilité au niveau de l’ensemble des acteurs (enseignants, administration scolaire et des parents).
Pour réussir le vaste chantier de reconstruction pour un système plus performant et en rupture avec les pratiques néfastes en son sein, il impose de compter sur: un système composé d’hommes et de femmes compétents, intègres, rigoureux et ayant foi au développement du pays et dotés d’un sens moral et éthique plus élevé; la compréhension des Maliens qui doivent savoir que le processus de refondation de notre système éducatif est long, car l’impact des actes posés aujourd’hui par le gouvernement ne sera visible que dans les années à venir.
Aussi, pour 2011, l’accent devra-t-il être porté sur les recommandations relatives à la question de l’éthique et de la déontologie; l’amélioration de la gouvernance; la réorganisation de l’enseignement privé; l’amélioration de la qualité de la dépense et la traçabilité des financements des PTF; la poursuite du processus d’amélioration des conditions de travail et de vie pour les enseignants et les apprenants, etc.
Par Sidi DAO
