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GRIPPE AH1N1 au Mali : La situation est sous contrôle
Après l'apparition et la confirmation par les autorités de 8 cas de grippe A de type H1N1 dans le district de Bamako, l'heure n'est plus à la peur ni à la panique. Selon les spécialistes et responsables des services sanitaires, la situation est contrôle. C'est du moins ce qui ressort de la conférence de presse animée, hier mercredi, à la Direction nationale de la santé.
Ils étaient toute une panoplie d'acteurs, à commencer par Conseiller technique du ministre de la Santé, M. BOURE, le Directeur national de la Santé, Toumani SIDIBE, en passant par le Directeur du Centre nationale d'appui à la lutte contre la maladie, le Pr. Samba SOW, du chef de service des maladies infectieuses, Dr Kandioura TOURE, et le représentant de l'Organisation mondiale de la Santé, le Pr. Samou SACKO, à unir leurs efforts, selon leurs compétences, pour édifier la presse nationale et situer l'opinion nationale sur la situation de pandémie de la grippe A de type H1N1 qui vient d'être déclaré dans notre pays.Si Dieu seul sait depuis quand ce virus est entré dans notre pays, l'on sait tout de même que les premiers cas ont été détectés et confirmés, au début de la semaine grâce à la surveillance épidémiologique du Centre national influenza du Mali, logé au CVD-Mali, lequel a été équipé en moyens matériels et humains pour faire face à la pandémie. Il ressort des explications que du démarrage des activités des sites sentinelles à la date du 8 janvier 2010, 168 échantillons ont été prélevés sur la base de la définition de cas de grippe humaine. A l'issue des examens effectués, 8 cas de grippe ont été notifiés dans le district de Bamako dont 1 cas de grippe influenza B, 6 cas de grippe influenza AH1N1 et 1 cas de grippe influenza A en cours de confirmation. Tous ces résultats rapportés par notre laboratoire de référence, Centre national influenza du Mali au CVD-Mali, ont été confirmés par le CDC Atlanta et le CVD Baltimore Maryland, USA.
Si l'on ignore l'identité des 8 malades qui sont, les conférenciers, en observation au service des maladies infectieuses du CHU du Point-G, on nous informe que le premier cas de syndrome grippal a été détecté chez une fille de 18 mois qui est venue en consultation.
Devant cette situation, les services techniques du ministère de la Santé (CNAM, DNS) et l'OMS ont décidé, selon le Dr Kandioura TOURE, de faire une investigation le 8 janvier 2010. L'objectif étant, a-t-il indiqué, d'identifier les cas suspects et les contacts du cas confirmé de grippe A de type H1N1 en vue d'appliquer les mesures de surveillance de prévention et de prise en charge ; d'analyser les facteurs explicatifs de la survenue de l'épidémie de grippe A/H1N1 détectée en commune I du district de Bamako ; de proposer les mesures de prévention et de lutte pour juguler l'épidémie.
La méthodologie ayant consisté à l'interrogatoire de tous les membres de la famille des cas pour recueillir des informations. Aussi, tous les membres de la famille qui répondaient à la définition de cas suspects ont-ils été soumis à un prélèvement rhinopharyngé et mis sous traitement au Tamiflu.
C'est ainsi que l'investigation entreprise ce jour a révélé, selon toujours Dr TOURE, la présence de syndrome grippal chez tous les membres de la famille du premier ; la présence du virus A (H1N1) dans 6 prélèvements sur les 11 effectués au domicile du cas. Elargissant cette investigation dans l'entourage du cas, il a été relevé que sur 257 personnes enquêtées dans 18 familles, 36 soufraient d'un syndrome grippal, soit une prévalence de 14 % (36/257), et 11 familles touchées. Sans compter que deux personnes ont présenté un syndrome grippal.
La visite sur le terrain, selon les conférenciers, a permis le traitement au Tamiflu des cas, la sensibilisation sur les mesures de surveillance d'isolement et de prévention de l'entourage et des cas et des autorités, la recherche active de cas suspects et dans l'entourage des cas suspects, ainsi que la diffusion des directives de prévention et de prise en charge de la grippe humaine au personnel des sites de surveillance.
Par ailleurs, l'investigation a permis de constater qu'il n'y avait pas de précautions particulières prises au niveau de la famille pour isoler les cas suspects jusqu'à la date de l'investigation. Or, la transmission du virus à Influenza A (H1N1) étant très rapide, l'infection semble patente au niveau des membres de la famille.
La question qui brûle toutes les lèvres des populations bamakoises est de savoir s'il faudra avoir peur suite à la présence du virus dans notre pays ? Face à cette situation, le Pr Samba SOW, auquel diagnostic biologique a été confié à son service, se veut rassurant : " Nous rassurons la population malienne que le ministère de la Santé a pris en main la situation. Nous avons la situation sous contrôle ". Pour appuyer son argumentaire, il a confirmé la disponibilité du stock de médicament, notamment le Tamiflu, qui est un médicament curatif et préventif. En plus de ce remède, il existe aussi des vaccins trivalents H1N1. Mais là, le Pr SOW est catégorique : " Ce virus H1N1 de 2009 est différent des autres grippe A. Or, il existe plusieurs vaccins de sous types correspond à chaque grippe. Nous entendons d'accumuler le maximum de données pour autoriser le gouvernement à acheter les vaccins qui correspondent au sous-type de virus qui sévit dans notre pays ". Cependant, il a tout de même exhorté les populations à être plus regardantes sur les mesures d'hygiène. Autrement dit, il recommande la multiplication du lavage de la main au savon, mais surtout la diminution de la fréquence de se donner les mains. Autres recommandations : se couvrir le visage au moment d'éternuer ; se laver fréquemment les mains à l'eau et au savon, particulièrement après s'être mouché ou avoir éternué ; contacter le Centre de santé le plus proche dès les premiers signes de toux, d'écoulement nasal, de fièvre et d'irritation de la gorge.
Par Mohamed D. DIAWARA
Info-Matin du Jeudi 14 Janvier 2010
