- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
8 juin 2010 : le Pdes sans frein
Le Mali officiel, loin des angoisses et inquiétudes populaires, s’est engagé dans une spirale festive pour commémorer le IIIè anniversaire du second quinquennat du Président
ATT à la magistrature suprême. Plus qu’une opération de charme et de marketing politique, en cette baisse de côte et de popularité de celui qui est célébré, c’est donc une sorte de grande explication du régime avec le peuple sur les acquis et l’ambition de la gouvernance.
Cette valse de comédie a déjà commencé les diffusions de la passion du service public sur les grandes réalisations ainsi que les amis et les hordes du Palais de Koulouba qui, dans leur griotisme, ne cessent de faire croire et de faire gober à l’opinion que depuis son accession au pouvoir, les actions du Président ATT ont permis à notre pays de maintenir le cap dans sa marche vers le développement économique malgré toutes les difficultés auxquelles il est confronté à l’instar de tous les pays du monde et singulièrement ceux en voie de développement.
Pour eux, le plus grand bâtisseur de tous les temps léguera, à son successeur démocratiquement élu, un pays certes nouvellement sorti des ténèbres, mais aux horizons désormais dégagés de toutes les vicissitudes pour un retour à un passé désespérant. Mais ce que les troubadours du régime ne comprennent encore, c’est que la seule évocation du nom du prince du jour ou ses actions qui mobilisaient les Maliens ne font plus recette, aujourd’hui, auprès eux. Car, ayant par eux-mêmes appris, compris la marche à reculons et la différence entre le Mali d’en haut et celui d’en bas qui médite sur sort au point de tirer le diable par la queue. Si hier chouchouté par le peuple, ATT, au fil des années, ne suscite plus cet immense océan d’espoir aux yeux de ce même peuple qui se lasse de lui à cause de toutes les attentes et les espérances qui ont été déçues. Toute chose qui se manifeste de plus en plus à travers le dégoût exprimé par le peuple à l’émission « Baro » qui rassemblait autrefois toutes les attentions des Maliens autour de leurs postes récepteurs. Ce qui fait qu’aujourd’hui, l’anniversaire du 8 juin n’est plus cette fête nationale de communion, mais seulement celle du régime et de ses courtisans. C’est comme si, aux yeux de la majorité du peuple souverain, le chien aboie et la caravane passe.
Et, tout comme l’espoir ne se nourrit pas d’illusions et de démagogie, la confiance se mérite. Or, à mi-mandat, ce dont le plus grand soldat de la démocratie a le plus besoin, ce ne sont point louanges pour flatter ses hauts faits et son mérite, mais la confiance à toutes épreuves de son peuple et la conscience tranquille dans le devoir bien accompli au service du peuple.
En dehors de ce cadre, les festivités et toutes les vacarmes qu’on est en train d’organiser auront l’air comme de la poudre aux yeux et ne feront que creuser le fossé entre le Roi ATT et ses sujets. Parce que ce que ces derniers attendent de sa majesté, ce ne sont pas de festivités théâtrales, mais des réponses, tout au moins un début de réponse, à leurs attentes légitimes qui se résument en certaines préoccupations : manger, boire et se loger.
Par Mohamed D. DIAWARA
