MALI : Démission forcée du Premier Ministre Dr Cheick Modibo DIARRA. +++ SANOGO : Cheick Modibo Diarra "était devenu un danger pour le pays" +++ MALI: Diango Sissoko nouveau Premier Ministre nommé par le Président par intérim. +++ Primature : Cheick Modibo passe le témoin à Diango et affirme toujours sa disponibilité pour servir le Mali en tant que soldat du développement. +++ Mali : le nouveau Premier ministre poursuit ses consultations.
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Visites ministérielles tous azimuts : éviter les erreurs du passé

Depuis l’annonce de la composition du Gouvernement, le 25 avril dernier, les ministres en sont encore aux visites de prises de contacts empruntant les sentiers battus de leurs prédécesseurs, tant décriés sur la question, quand bien même ils ne disposent que d’un délai à présent de moins d’un an pour régler toutes les questions urgentes et graves qui se posent au pays.

Le péché mignon des anciens Gouvernements est en train d’être commis par l’actuel qui, à la différence des autres, est obligé et forcé de parer au plus pressé compte tenu du délai qui lui est imparti et des urgences de l’heure. Ainsi, depuis l’annonce de sa composition l’on découvre des ministres plutôt préoccupés à s’offrir en spectacle à travers ce qu’on appelle pompeusement visites de terrain ; alors que de terrain, il ne s’agit que de quelques chantiers et bureaux huppés des directions nationales et services rattachés.
Si les précédents Gouvernements pouvaient, sans souci, s’offrir un tel luxe, parce qu’ayant une durée de vie indéterminée, quand bien même aléatoire du fait de la volonté et de l’humeur changeante du Prince, c’est indubitablement loin d’être le cas du présent. Et pour cause, le calendrier est serré et que les délais sont les délais à respecter sous peine de se trouver plongé dans une autre crise sous une autre forme. Cela, simplement parce que des cadres, de grande compétence certainement, ont préféré choisir l’occasion de leur nomination comme ministres pour amuser la galerie au lieu d’aller à l’essentiel dont la gestion ne saurait plus être remise aux calendes grecques. 
Le fait est que ce Gouvernement, dont on sait qu’il est composé d’hommes capables, devrait faire montre d’un autre visage, d’une rupture par rapport à un passé récent marqué par la figuration de beaucoup de personnes ayant comme principal mérite leur aptitude à chanter les louanges de leur généreux bienfaiteur de président qui a eu la largesse de les nommer comme ministres de la république. Ce que le Mali attend de ceux qui ont eu la mission historique de le sortir du gouffre dans lequel il a été plongé par l’incurie de certains de ses responsables, ce n’est assurément pas de s’offrir en spectacle et tenir des discours mielleux du genre de ceux dont il en a ras-le-bol. Il s’agit à présent d’avoir une claire vision de la mission assignée et s’atteler à l’ouvrage sans attendre. En effet, il n’est nullement nécessaire pour un ministre, pas même possible, de connaître au préalable tous ses collaborateurs pour se mettre à la tâche dès lors que chacun sait ce qu’il a à faire et quand il faut le faire.
Dans tous les cas de figure, l’expérience a montré toutes limites de ces visites contre-productives en matière d’amélioration de la qualité du travail. Parce que le ministre passe dans les services, rabâche les mêmes discours, à l’instar du reste de ceux à qui il a succédé, après les travailleurs vaquent tranquillement à leurs habitudes qui ne sont pas toujours les meilleures. Dans ces conditions, pourquoi ne pas oser innover comme l’on est en droit de s’y attendre dans un contexte particulièrement différent et surtout difficile où l’on est en droit de s’attendre à plus d’action que de discours ?   Tel devrait en tout cas être le défi de l’actuel Gouvernement qui a entre les mains plusieurs patates chaudes ; mais dont l’une des plus importantes est indubitablement de l’intégrité territoriale avec la récupération des régions du Nord sous le contrôle des bandits armés.
Il n’est pas trop tard pour s’y mettre ; mais il s’agit surtout de prendre conscience suffisamment à temps de l’importance et de l’urgence  de la tâche pour éviter les écueils du passé, pire provoquer une situation beaucoup plus compliquée que celle que le pays vit en ce moment à l’heure du bilan. La véritable menace étant de se retrouver au bout du rouleau des 12 mois de transition sans que les actes concrets permettant une sortie de crise ne soient posés.
Il faut rappeler que conformément aux dispositions de l’Accord cadre des mesures devraient être prises pour l’élaboration d’un fichier électoral « révisé et accepté de tous ». Or l’on n’enregistre guère d’avancée majeure sur point. Il en est de même pour le rétablissement de la sécurité au Nord, toujours sous occupation de bandits armés, pour permettre la tenue d’élections transparentes et crédibles. Autant dire qu’il presse d’aller doit au but pour sortir définitivement le pays de la zone de turbulence qu’il traverse actuellement. Toutes choses qui ne sont point au-dessus des moyens de grand peuple qui connaît certes des moments difficiles ; mais qui ne faillira pas. En tout cas, n’en a-t-il pas le droit.
Par Bertin DAKOUO
 

 

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